L'homme qui n'avait pas assez d'une vie
L'homme qui n'avait pas assez d'une vie De Douglas Kennedy aux Éditions Belfond
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Chloé Royer
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” Alors pourquoi, après toutes ces années, les questions de mon fils résonnent-elles encore à mes oreilles ? Alors que je cours sans relâche sur les trottoirs ramollis de ce bled de cauchemar ? Je suis certain d'une chose : il n'y a qu'après la mort que le passé s'efface vraiment. Jusque-là... il flotte comme une ombre au-dessus du présent, jour après jour. Surtout quand certaines choses n'auraient jamais dû arriver mais sont arrivées quand même, et qu'il n'y a rien à faire pour y remédier.
Rien à faire, sinon continuer à courir, même immobile. “
En 1998 Douglas Kennedy, écrivain américain faisait une entrée très remarquée en France avec la publication de son roman : L'homme qui voulait vivre sa vie, un roman devenu culte, adapté par la suite au cinéma en 2010, réalisé par Eric Lartigau avec Romain Duris dans le rôle de Paul Exben.
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On faisait la connaissance de ce photographe Ben Bradford qui pour ne pas finir derrière les barreaux et en finir avec cette vie qui ne lui convenait plus décida de fuir vers un nouveau destin, volant l'identité d'un homme, devenant Andrew Tarbell, laissant derrière lui femme et enfant.
” Mais comment esquiver le passé, lorsqu'il influence à ce point le présent ? Toute mon histoire est à la fois vérité et mensonge... Que ce baptême au whisky me serve e rappel : ma vie est un tissu d' inventions posé sur la réalité. “
On le retrouve une vingtaine d'années plus tard, dans sa nouvelle vie qui vient une fois de plus de basculer.
” On est tous hantés par quelque chose. “
L'homme qui n'avait pas assez d'une vie, vient de perdre l'amour de sa vie et peine à se rapprocher de son fils issu de cette union, un jeune homme qui s'est longtemps cherché avant de se passionner pour le journalisme et de publier via son blog des articles retentissants.
Le père suit assidûment les publications mais le jour où son fils accuse de plagiat un homme nommé Adam Bradford, l'enfant qu'il avait abandonné, c'est le choc, son passé resurgit et telle une déflagration met en péril tout ce qu'il a construit, une vie basée sur un mensonge, mais qui risque surtout de briser la vie de ses deux garçons.
” Comment sauver un fils sans faire de mal à l'autre ? “
Douglas Kennedy nous offre incontestablement une très belle suite à travers ce véritable puzzle littéraire qui nous fait parcourir les États-Unis en compagnie de cet homme aux multiples identités, et nous dévoile tout un pan de sa vie plusieurs fois mis en danger quand le destin décide de jouer les troubles-fêtes.
Sur le chemin de la rédemption, il passa de la gloire à l'anonymat forcé, de l'amour à un deuil infligé par la maladie et chaque retournement de situation nous entraîne dans une nouvelle intrigue à démêler à un rythme effréné, avec ici et là des réflexions qui interpellent et bousculent à chaque nouveau coup du sort, de nouvelles introspections dans cette liberté qui coûte chère tant le mensonge y tient une place importante, et conduit vers une solitude inévitable au bout du chemin.
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On l'aime autant qu'on le déteste ce photographe qui semble poursuivi par la malchance qui m'a rappelé un personnage de Piège nuptial paru en 2008, autre grand roman de l'auteur que j'avais découvert avec autant de plaisir.
Alors si comme moi vous aviez aimé : L'homme qui voulait vivre sa vie, n'hésitez pas à reprendre la route avec l'homme qui n'a pas assez d'une vie, pour un nouveau road trip qui ne manque pas de surprises.
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