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Ma dose d’encre

Des lignes et des lignes...

Ça restera comme une lumière

Roman noir

Roman noir

Ça restera comme une lumière de Sébastien Vidal aux Éditions Le mot et le reste


 

“ Missoulat. Un peu moins de dix mille habitants et, comme dans toutes les villes, l’envers du décor n’avait pas grand chose à voir avec l’image officielle. La beauté du paysage au-dessus, la laideur des âmes en dessous. Les petites magouilles de notables ventripotents, les histoires de cul, les grandes trahisons, les luttes intestines pour un fragment de pouvoir, pour se trouver un peu dans le halo des projecteurs. […] Missoulat, malgré les apparences, se trouvait à la résurgence des pires défauts humains et à la confluence des agonies douloureuses des fins de lignées, celles qui se pétrifiaient lentement le long des rues remarquablement fleuries, sous les façades ostentatoires de familles anciennes. ” 

Si Josselin à bord de sa Lancia n’avait pas fini dans le décor après une rencontre avec un cervidé, il n’aurait peut-être jamais vécu ce qui va suivre. Cette rencontre en amenant une autre, il va faire la connaissance d’ Henri un artiste ferronnier de Missoulat à qui il va demander un coup de main pour libérer sa voiture de cette fâcheuse posture. 

Souhaitant se ressourcer après son service militaire effectué au Mali, Josselin était de retour dans cet ville avec l’idée de retrouver trois amis avec qui il avait partagé un bel été, l’année de ses seize ans. 

Ayant grand besoin de réconfort après avoir perdu son meilleur ami, mais également un œil, au Mali, il est très sensible à l’attention que lui porte Henri alors qu’ils se connaissent à peine. 

Ses retrouvailles attendront quelques jours. 

“ Se placer entre les mains invisibles du hasard – le hasard –, ce rendez-vous ne figurant sur aucun agenda. ” 

Tout comme lui, ce vieil homme porte quelques cicatrices, la vie n’épargne hélas personne. Alors lorsqu’il découvre que son nouvel ami est harcelé par des hommes de la ville, il n’hésite pas à lui apporter son soutien, quitte à réveiller ses vieux démons. 
 

Il n’en oublie pas pour autant le but de sa venue, et sera même étonné  une fois encore de certaines surprises que la vie peut vous réserver. 

Josselin se retrouve plongé au cœur d’une tragédie politique et familiale, mais pas question de se défiler , même si le chemin vers la rédemption sera plus long. 

Ce que j’en dis : 

Attention, tout comme Josselin, vous n’êtes pas à l’abri d’une belle rencontre en vous aventurant entre les pages du nouveau roman de Sébastien Vidal, qui nous avait déjà ébloui avec sa trilogie : Les sentiments noirs, mettant en scène l’adjudant Walt Brewski. 

Si Henri l’artiste ferronnier excelle en travaillant le métal, l’auteur lui cisèle son écriture jusqu’à obtenir une magnifique prose.

Tout comme Henri, il soigne sa présentation, façonne son décor, ses personnages pour  nous offrir une œuvre étonnante et bouleversante. 

“ C’était la pièce de vie où toute une existence s’écoulait à la fois cuisine, salle à manger et refuge protégeant des heures hivernales. Le lieu où les volutes de café et les relents de soupes s’incrustaient jusque dans la pierre et dans les poutres constellées de chiures de mouches. C’était l’épicentre des colères noires et des réflexions profondes, la cachette des interminables nuits désertées par le sommeil, parmi l’odeur de la cendre froide endormie dans la panse de la cuisinière des aïeuls. C’était le théâtre des disputes à jamais ancrées dans les fonds abyssaux du passé. ” 

Une prose pareille, ça donne envie de tourner les pages, pour découvrir l’histoire de ces deux hommes liés à jamais depuis ce fameux soir où la Lancia de Joss a fini dans le fossé.

Et puis en vous aventurant à Missoulat, vous ferez connaissance avec cette ville où vivent les loups entre eux, avec un chef de meute qui règne en maître. 

Et comme Josselin vous pourrez au passage vous ressourcer au cœur de la nature si belle et si accueillante. 

“ […] Le promontoire qui s’élevait en face, surmonté d’une crête de pins penchés et encerclés par une couronne de chênes, détenait un charme fou. À sa base, une prairie ensevelis sous un lac de fougère s ocre s’étendait en s’élargissant. Un champ bosselé et large sinuait entre-deux blocs de forêt dense. Il lui fit penser à un fleuve étale s’écoulant de toute sa puissance, une force tranquille traçant un sillon. ” 

Une histoire sombre, où le passé rattrape le présent, mettant à jour de douloureux secrets entraînant quelques vengeances tout en libérant certains traumatismes, illuminée par la naissance d’une belle amitié où la transmission du savoir faire d’un homme restera comme une lumière dans le cœur du receveur. 

C’est l’histoire des hasards, des retrouvailles, des règlements de compte qui donnent du sens à la vie, pour toujours et à jamais. 

Un magnifique roman noir porté par une belle plume ça ne se refuse pas et c’est à découvrir dès maintenant aux Éditions Le mot et le reste. 

Pour info : 

Né en Corrèze, Sébastien Vidal est retourné dans son département de naissance après vingt-quatre années d’aventures en gendarmerie. Son temps libre se partage entre le cinéma, le sport et de nombreuses activités dans la nature préservée de son département, qui lui est chère et essentielle.

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